Profil d’artiste Northern Dial

Muzion

Montréal, Québec, Canada

Formé à Montréal en 1996 par J.Kyll, Imposs et Dramatik, Muzion est devenu l’un des groupes fondateurs du hip-hop québécois en plaçant la diaspora haïtienne de la ville au cœur de sa musique. Le trio naviguait naturellement entre français, anglais et créole haïtien, faisant entrer la langue et l’expérience de quartiers comme Saint-Michel dans une scène rap québécoise encore en train de se définir. Son premier album de 1999, Mentalité moune morne… (Ils n'ont pas compris), associait une écriture dense et engagée à une perspective résolument montréalaise et a remporté le Félix de l’album hip-hop de l’année, établissant Muzion à la fois comme force critique et comme point d’identification culturelle pour les publics noirs et immigrants du Québec.

Le deuxième album, J'rêvolutionne, est paru en 2002 et a lui aussi remporté le Félix de l’album hip-hop de l’année. L’hymne le plus durable du groupe, « La vi ti nèg », fusionne hip-hop et kompa tout en célébrant la vie haïtienne à Montréal avec un mélange de résilience, de fierté de quartier et de joie. La chanson a remporté un Canadian Urban Music Award en 2004 et son influence s’est prolongée bien au-delà de la première période d’activité de Muzion : en 2025, la SOCAN lui a remis son Prix Empreinte culturelle, une première pour une chanson hip-hop dans l’histoire du gala. Des artistes des générations suivantes du rap québécois ont régulièrement cité Muzion comme la preuve que leurs communautés, leurs accents et leurs références culturelles pouvaient pleinement appartenir à la conversation musicale dominante de la province.

Cet héritage a reçu une autre reconnaissance nationale en janvier 2026, lorsque Postes Canada a honoré Muzion aux côtés de Maestro Fresh Wes et Michie Mee dans une série de timbres du Mois de l’histoire des Noirs consacrée aux pionniers du hip-hop canadien. Pour Northern Dial, Muzion relie plusieurs histoires à la fois : l’essor du rap francophone, la présence culturelle haïtienne à Montréal, la place des femmes dans le hip-hop québécois grâce à la visibilité de J.Kyll et, plus largement, une histoire canadienne où l’identité locale est devenue une source d’autorité musicale plutôt qu’un élément à atténuer pour être entendu.

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